Je me défais dans la nuit des tes mots portés dans un lointain incandescent. Je m'abstiens de réfléchir et je vogue sur des vagues chargées d'attente. Je pousse la porte étroite du devenir. Les mots reculent pour dire ce qui noue la gorge dans l'absence renouvelée de l'autre. Etrange posture qui nous fait dire que l'autre dans son insoumission, sa révolte fracassante, grandit dans ses mots. Personne n'y peut rien. C'est ainsi. Regarder entre ses mains l'immensité des choses. Toi qui est poète, des mains du bleu de l'eau, sur le granite éparpillé de l'eau, dans la préhistoire de l'amour, ces mains continueront à faire frémir ce corps qui appelle dans le désir non encore inventé, qui avance, ralentit sur cette paroi où je t'aime plus loin que toi. j'écris devant l'absence au spectre blanc, assise à côtés de nos rires, de nos délires consignés sur une barque qui se retourne en pleine mer. Je prends l'eau dans cette absence où la mer s'est retirée. Je prends l'eau et fais usage de tes mots remplis de vie. Je glisse dans les interstices de l'histoire qui se construit à part. Impossible et si proche de nos tourments d'enfants en mal d'identité. Grâce à toi j'ai retrouvé le nom et l'identité de mes rêves les plus ancrés, enlacés à la pénombre de l'esprit en veille. Je grandis à l'ombre de tes mots, sur cette paroi silencieuse que tu m'offres à découvrir.