Je devrais pouvoir parler d'un autre endroit pour que tu recueilles ma parole en aplomb de la tienne. Je cherche ce qui pourrait te toucher au plus près. Dans cet entrejambe du péril où les mots se perdent et se retrouvent. J'expérimente la vétusté et la précarité de ce dire qui échappe de tous côtés. Cela fuit en travers de la bouche. Qu'aurions-nous à faire alors sinon se raconter, sinon raconter comment les mains se délivrent et délivrent leur lot de promesses. Sur ce chemin inhabité il y aurait de la place pour un peu de nous. Entre témérité et veille, le silence reflue comme la marée. Tout est à recommencer à chaque instant, à chaque regard à l'appui de cette fraîcheur indomptable. Le temps s'immobiliserait et nous serions perchés aux quatre vents à ne plus quoi savoir faire. Prendre pied dans l'éphémère voilà ce que nous nous dirions. Etreindre le vent avant qu'il ne nous chasse. L'amour me dirais-tu se soutient de cette brûlure même, de la puissance qu'il invente à chaque instant de se consumer. Exposé à sa mort avant que d'être, à sa naissance aussi.