19 août 2008
Le 15 août : André-Pierre Arnal chez Dona Levy
Les couleurs coulent du bon temps
coulis de rouges le long des coteaux
entre croisements et dé-croisements
les couleurs se recouvrent et se recoupent
à l'abri du châssis
il fait frais et les couleurs coulent du bon temps
le mistral s'est levé sur les murs de la galerie
les ardoisent dansaient une danse d'ardoise
syncope entre les vents hurlants et les regards embués de couleurs
le mistral occupe le cerveau
beaucoup moins que les couleurs de André-Pierre Arnal.
07 août 2008
ça me plaît!
Dona Levy expose
André-Pierre ARNAL
"à fleur de peau"
Peinture
Vernissage vendredi 15 août
à partir de 18h 30
02 août 2008
frise
L'oeil de Breton suite
Breton comme on sait fut de tous les combats, ce qu'il défendait devait trompher, ainsi du surréalisme qui pourtant ne fit pas que des partisans. Dans chacun de ses combats, il fut considéré comme un intraitable analyste. Ses observations, toutes publiées, furent comprises pour ce qu'elles étaient : instructives et dérangeantes. Oui, le furieux poète osait regarder L'homme à la clarinette de Picasso, les Constellations de Miro, les collages de Max Ernst et d'autres oeuvres encore de cet oeil "à l'état sauvage", non pas ce que suffirait à dire la sagacité, mais davantage cette manière d'appréhender les oeuvres dans leur immédiateté, leur nativité. Et il faut lui reconnaître cette extraordinaire capacité à se surprendre soi -par des associations déroutantes- qui est la marque d'une immense mobilité. Ainsi pouvait-il ressentir ce qui dans une katchina hopi ou une sculpture de Nouvelle-Bretagne se rapportait au Cerveau de l'enfant de Chirico et à une toile de Gorky et inversement. Sa collection personnelle en est le plus exact témoin. Dans son extravagance même, cette collection frappe par son extraordinaire diversité et cohérence. Qu'il y ait de la magie dans les objets, Breton était convaincu, convaincu que le regard a pouvoir de la réactiver. Là même où elle était demeurée latente, le regard peut la rendre efficiente. Breton a consacré au sujet un ouvrage intitulé L'Art magique, ouvrage tardif par rapport à ses grands textes. On y trouve néanmoins des éléments pour une interprétation générale du surréalisme, dont celle-ci et non de moindre valeur : "Le développement de la civilisation et le progrès incessant des techniques n'ont pu totalement extirper de l'âme humaine l'espoir de résoudre l'énigme du monde et de détourner à son profit les forces qui le gouvernent." Qui oserait encore aujourd'hui avancer une telle affirmation, dans cet aujourd'hui asphyxié par le collectif et dans lequel se pose le problématique statut de l'individu. Pour Breton, il s'agira jusqu'à la fin de sa vie de servir ce talent de découvreur sans jamais céder à la politique du moment. Lorsqu'il fut interrogé en 1963 sur les artistes qu'il tient pour les plus prometteurs, il cite Rauschenberg, Télémaque, Baj,... Difficile de ne pas lui reconnaître cette fulgrance et justesse du regard.
sur le toit
26 juillet 2008
Zao Wou-Ki : le vent dans la brisure
« Montrer en dissimulant, briser et faire trembler la ligne directe, tracer, en musant, les détours de la promenade et les pattes de mouche de l'esprit rêveur, voilà ce qu'aime Zao Wou-Ki et, tout à coup, avec le même air de fête qui anime campagnes et villages chinois, le tableau apparaît, frémissant joyeusement et un peu drôle dans un verger de signes ». Henri Michaux
L'oeil ne peut murir plus haut que la tige tout se détache dans la brisure le jeune roseau a dissipé le bleu des eaux la vie bourgeonne entre les blancs le vent souffle dans la fracture tout se détache dans la brisure l'oeil est collé à ces frêles cassures ces vertes ramifications qui nous enfoncent dans un monde où tout se détache fracture contre fracture
25 juillet 2008
Autour et pour accompagner la lecture de René Char
Autour et sur René Char, je ne saurais trop recommander la lecture de Jean Beaufret, tout autant les notes de Patrice Houzeau sur son blog littéraire et par le plus grand des hasards ce texte qui n'est pas vain du tout ici : http://revue.hauteurs.free.fr/char.htm
Char : la foudre du poème suite
Revenons à ce fragment d'Héraclite l'Ephésien qui nous dit : "Des choses présentes la foudre est au gouvernail", la question est qu'en serait-il de cette présence des choses sans cet éclairage, éclair-rage qui insulte et renverse toute direction ? Parmi les mille manières dont l'éclair illumine, parmi les façons dont on peut tourner et retourner ce cheminement, l'homme est porté à la parole, à une parole qui dénude. Impitoyable lumière d'Héraclite qui tombe verticalement tel un coupant métallique, verticale, elle nous traverse de part en part, nous arrache ou nous déchire mais nous permet également de fonder cette tendresse lucide partout présente chez René Char : "(...) Souriez-lui car elle doit avoir faim, faim d'amitié". Cette tendresse lucide est aussi celle-là même du cercle lumineux de la bougie qui éblouit les personnages de Georges de La Tour. Là se condensent des forces qui nous lient et nous délient en même temps, des forces de douceur et d'effroi, les visages rougis limés par le mouvement des flammes. Ainsi Char nous parle-t-il de Georges de La Tour : "L'unique condition pour ne pas battre en interminable retraite était d'entrer dans le cercle de la bougie, de s'y tenir, en ne cédant pas à la tentation de remplacer les ténèbres par le jour et leur éclair nourri par un terme inconstant". Partage formel rend un double hommage et au philosophe et au peintre. C'est en ces mots qu'ils s'adressent à eux : " je vous sais gré d'avoir de longs moments poussé au dehors de chaque pli mon corps singulier ce leurre : la condition humaine incohérente, d'avoir tourné l'anneau dévêtu de la femme d'après le regard du visage de l'homme, d'avoir rendu agile et recevable ma dislocation, d'avoir dépensé vos forces à la couronne de cette conséquence sans mesure de la lumière absolument impérative : l'action contre le réel, par tradition signifiée, simulacre et miniature". C'est bien d'avoir "dépensé ses forces...sans mesure de la lumière absolument impérative" que Georges de La Tour a pu peindre cette soif d'amitié, d'amour. La lumière de la chandelle mord les visages qui sont sur la toile, la lumière mord pour réveiller, quoi? Le visage. Délicate et tendre morsure de ce feu singulier.
Dans la nativité ci-contre de Georges de la Tour (1593-1652), la lumière provient de la bougie masquée par la main qui protège, alors qu'elle semble venir du visage de l'enfant, visage astre, visage ébloui et éblouissant de la nativité. La lumière éclate sur la poitrine du personnage de gauche, sur la coiffe du nourrisson, la lumière éclate et fait reculer l'opacité, l'ombre menaçante dans laquelle les êtres sont plongés. Encore des forces à l'oeuvre, des forces qui s'affrontent pour que jaillisse l'éteincelle incompréhensible d'un acte dans et en pleine lumière.
24 juillet 2008
Deleuze : cours sur la peinture 1981
A lire et relire : http://www.univ-paris8.fr/deleuze/article.php3?id_article=47
Chaïm Soutine
Chaim Soutine

Portait of a Nurse, c. 1916
Oil on canvas
Los Angeles County Museum of Art
Landschaft mit Häusern, 1918
Oil on canvaxs
54 x 64.5 cm
Kunstmuseum Lucerne, Switzerland
La Maison blanche, c. 1918
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Paysage avec personnage, c.1918/19
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Little Girl with Doll, 1919
Oil on canvas
73 x 59.7 cm
Alex Hillman Family Foundation, New York
Parisian Suburb - c. 1919
Oil on canvas
65.1 cm (25.63 in.), Width: 54 cm (21.26 in.)
Private collection
Flowers and Fish - 1919
Oil on canvas
65.3 cm (25.71 in.), Width: 50.2 cm (19.76 in.)
Private collection
Ceret Landscape - circa 1919/20
Oil on canvas
45.72 cm (18 in.), Width: 60.96 cm (24 in.)
Private collection
Le Mas Passe-Temps, Céret, 1920/21
Oil on canvas
62.80 x 86.30 cm
National Galleries of Scotland, Edinburgh
Polish Woman, 1922
Oil on canvas
81 x 65.1 cm
Private collection
The Old Mill, c. 1922/23
Oil on canvas
26 1/8 x 32 3/8" (66.4 x 82.2 cm)
The Museum of Modern Art, New York City
Paysage, c. 1922/23
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Portrait d'homme (Emile Lejeune), c. 1922/23
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Le Petit Pâtissier, c. 1922/23
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Bœuf et tête de veau, c. 1923
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Le sculpteur Miestchaninoff, 1923
Oil on canvas
65 cm x 83 cm
Pompidou Center, Paris
Landscape at Cagnes, 1923-24
Oil on paper mounted on canvas
21-1/2 x 25-3/4 in. (54.6 x 65.4 cm)
Norton Simon Museum, Pasadena, California
Arbre couché, c. 1923 - 1924
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Green Trees, c.1923/24
Oil on canvas
59.1 x 71.8 cm
Teruyuki Yamazaki, Nagoya, Japan
Dead Fowl, c. 1924
Oil on canvas
43 1/2 x 32" (110.4 x 81.1 cm)
The Museum of Modern Art, New York City
Nature morte au faisan, c. 1924
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Cook of Cagnes, 1924
Oil on canvas
61 x 51 cm
Kunstmuseum Bern. Switzerland
Woman in Pink, c. 1924
Oil on canvas
28 3/4 x 21 3/8 in. (73 x 54.3 cm)
Saint Louis Art Museum, Missouri
Garçon d'honneur, c. 1924/25
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Le Poulet plumé, c. 1925
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Le Dindon, c. 1925
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Le Garçon d'étage, c. 1927
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Enfant de chœur, c. 1927 - 1928
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Ce tableau dit plus qu'un autoportrait... L'enfant de choeur...Les jeunes garçons et les petites filles sont des sujets récurrents chez Soutine. Dans son habit d’enfant de chœur, le modèle permet à l’artiste d’exprimer dans un luxe débordant de couleurs sa passion pour la matière. Il en est de même pour le Groom où le rouge asphyxie la toile. L’enfant de chœur, lui, né d'une nuit d'un bleu dur enferme toute la toile. La blancheur du surplis rapidement traitée est entachée de jaune, de rouge, de bleu. Le rouge de la robe, secoué par les sombres remontées du fond, confère à l'ensemble un contraste saisissant avec le cou et le visage serein. Le modèle nous est montré au trois-quart et le regard qu'il nous jette semble nous suivre, nous le rendant étrangement présent. Des paysages du début aux natures mortes puis aux portraits qui marquent l'apogée de son art, la richesse de la matière picturale et la rapidité d’exécution sont toujours intactes. Si la touche reste classique, les jeux de matière sont d'une incroyable liberté gestuelle.
Chaïm Soutine, le désespoir à l'oeuvre.
Soutine a fuit le ghetto de Smilovitch pour se rendre jusqu'à Paris. Ses pieds ont dû en souffrir, et Paris n'est pas la capitale qu'il avait attendue, mais la vision désenchantée de quelque merveilleux mirage dont on ne se remet pas. L'âme russe ne sait pas emménager ailleurs que sous son propre toit. Tous les Russes en exil le savent qui n'ont jamais pu s'acclimater à d'autres moeurs... d'autres cieux.De sa prison de départ, il échoue en une autre : La Ruche de Vaugirard, où sont parqués les réfugiés politiques qui vivent dans la terreur et les drames de la misère. Cette misère a failli avoir raison de lui s'il n'avait pas été sauvé in extremis par un compatriote.Soutine noue avec les bouchers des abattoirs voisins des relations curieuses dont il observe avec détails les blouses ensanglantées, harnachées de terribles couteaux.De là sans doute lui vient ce goût des couleurs hautes en ton et en intensité. Mais, chez lui, la couleur prend le plus souvent des nuances assourdies, comme chuchotées. Là où Chagall affirme des couleurs éclatantes, il évolue dans des couleurs "mulâtres" ((verdâtres, bleuâtres, jaunâtres ou rougeâtres), sans céder pour autant à leur intensité convulsive. La fréquentation de ces abattoirs lui inspire volontiers des sujets de bêtes écorchées ou de quartiers de viande en décomposition. Toute sa peinture sera pour ainsi dire poussée par cette force de mort. Sa vie intérieure elle-même est hantée par un imaginaire désordonné dont il cherche inlassablement à donner un sens au point d'aller puiser à la source des maîtres du passé, de Rembrandt à Cézanne, qu'il ne cesse d'interroger sans jamais trouver pour autant de réponse susceptible de l'éclairer sur cette fascination inquiétante pour la mort. Si chagall pourra un jour proférer ce cri de joie : " Rembrandt m'aime!", c'est avec l'énergie du désespoir que ce fils de couturier continuera de peindre.Soutine restera inclassable, inaccessible à toute théorie artistique, son attachement irréductible à la mort ou au néant gagne par contagion toute sa peinure d'abord dictée par les émotions d'un écorché. "Dire ce qu'il a à dire, et par n'importe quel moyen, sera son unique loi". Son état émotionnel présidera toujours sur la technique ou quelque conception plastique. Cela n'aura jamais le sens d'un sacrifice. Ce sera simplement lui, Soutine, tel qu'en lui-même, étranger à lui-même, mais si immense d'avoir approché ce que personne n'a approché de si près : la mort.

Lina, 1928
Oil on canvas
38 x 46 cm
Kunstmuseum Lucerne, Switzerland
Girl in Green, 1928
Oil on canvas
36.5 x 27.3 cm
Philadelphia Museum of Art, Pennsylvania
Portrait of a Boy, 1928
Oil on canvas
45.7 x 38.1 cm
Private collection
Madeleine Castaing, 1929
Oil on canvas
39 3/8 x 28 7/8 in. (100 x 73.3 cm)
The Metropolitan Museum of Art, New York City
Portrait of Maria Lani, 1929
Oil on canvas
28 7/8 x 23 ½” (73.3 x 59.7 cm)
The Museum of Modern Art, New York City
Portrait of a Woman, 1929
Oil on canvas
55.2 x 46.4 cm
Private collection
Still Life, Painted in the late 20s
Oil on canvas
50.5 x 61 cm
E.G. Bührle Collection, Zurich
Marie at the Bath, 1931
Oil on canvas
60 x 53 cm
Private collection
Female Nude (Eve), 1933
Oil on canvas
46 x 27 cm
The Colin Collection, New York
Waiting Maid, 1933
Oil on canvas
46.7 x 41 cm
Private collection
La Jeune Anglaise, c. 1934
Oil on canvas
Musée de l’Orangerie, Paris
Servant Girl in Blue, 1934
Oil on panel
51.4 x 52.4 cm
Private collection




