Derrière le dos crépi d'ombres, trois femmes attendaient, elles attendaient qu'il s'approchât... mur d'attente embrassera l'ombre avant de l'avoir vue. Au tournant de la ruelle toujours fidèle à ses pavés escarpés vers le plateau où dorment les hirondelles de pierres, le pas joue des écarts, il cherche le fossé, l'herbe flatteuse sur les mollets. Les buissons se font rares par temps de trop de regards, ils aimeront ceux qui n'ont pas été dépassés par leur enfance, alors il se fera hôte du présent. Il sait comme c'est triste de laisser ces rêves en chemin, de laisser, de se laisser. Pourtant trois femmes attendent dans l'ombres des années, elles ne sont jamais allées jusqu'au buisson, à peine ont-elles quitté le froid carrelage des souvenirs. Leurs yeux ont croisé la menthe poivrée qui pousse dans un carré depuis des générations de femmes au dos voûté de lourdes pensées. Elles n'iront jamais jusqu'au buisson, il aurait fallu qu'au moins l'une d'elle rencontrât déjà son enfance dans le dos fermé au tendre crépi.