Porte sur le toit

arts, critiques, monographies, présentation d'artistes, événements culturels...

30 septembre 2008

une vieille histoire

Si l’on regarde bien les tableaux de Watteau, ils  ne sont pas si sereins qu’il n’y paraît, regardez comme la nature y est nerveuse tout comme la fibre de ces arbres qui font le décor de toutes ces rencontres amoureuses. Ils sont dans le secret de quelque chose de terrible suspendu dans quelque feuillage. Mais ces fêtes-là sont plus inquiétantes que les fêtes foraines où le sinistre se dispute au pathétique. A l’inquiétant et à l’étrange.  Ces fêtes silencieuses frappées par l’immobile stupeur de la rencontre avec son double sont éminemment meurtrières quand, un mot mal réfléchi vous envoie aux enfers, plus terrifiantes que celles où déambulent des clowns tristes et asexués, qui fascinaient Max Jacob et Picasso dans sa période bleue. Ce sont littéralement des cauchemars vivants qui s’avancent masqués comme dans un carnaval qui sonne le glas d’une Venise frappée par la peste et d’où vient peut-être ce goût du masque qui protège et conjure la mort qui vient vers soi. On se croirait dans un tableau de Gérôme Bosch, où la folie n’est rien que notre second visage, celle qui nous protège de l’autre, qui est quelquefois la seule réponse à la vie...à ce qu’elle porte d’improbable et d’incertain, révoquant par le ricochet de la paroi le hasard essayant de s’abattre sur le vulnérable. Ces bouches et ces yeux d’ombre aux visages invisibles se dédoublant à l’infini dans la galerie des miroirs de ces âmes pestiférées, vomissant l’encre noire de la peur en extase. Nous sommes bien loin de ces fêtes naïves ou païennes qui pourraient se donner dans des jardins fourmillant de pièges et d’artifices comme ceux que l’on commence à voir pousser dès le XVIième siècle et qui atteint une sorte de perfection dans la géométrie de l’illusion au XVIIIième. Dans ces jardins composés comme des bouquets ; la nature s’imite elle-même, avec ses paysages qui répliquent des décors en trompe-l’œil nous happant dans des lignes de fuite inexistantes ou des « faux semblants faussement semblants ».  Ces fêtes qui se voulaient galantes…sont tout aussi bien faites de trompe-l’ouïe, nées d’épouvantes calmes, de figures inoffensives et terrifiantes, habitées d’animaux pétrifiés et glacés de marbres polis, prêts à rugir derrière un bosquet d’arbres. Tout est tant et si bien aligné que rien ne se laisse dépasser, pas un cheveu, ni un poil de pin récalcitrant … cette perfection est le produit d’une feinte, d’un magistral artifice : tout y est si bien rangé, bien à sa place au point que l’on se croirait dans les premiers studios du septième art, avant l’heure… N’allez pas leur dire à ces paysagistes bon teints que ce sont des politesses inutiles, car la nature ne leur a rien demandé. Ils vous répondraient que cette invraisemblable illusion vaut bien un spectacle ayant fait de la nature l’acteur principal qu’ils ont plié, déplié, trituré, aménagé pour les besoins de la pure optique, d’une optique épurée.

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Mots du soir

Reconnaître son esprit dans les linéaments de la pierre
sans rien apprendre de ses mémoires anciennes
Mordre par endroit la lumière sans jamais entamer le jour
Épuiser ses nuits sur le dos d'un arc-en-ciel immense
S'ouvrir à la nuit : lampe secrète qui brûle sous nos gestes

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29 septembre 2008

De Staël : l'extase de la matière

De Staël, captif de son propre enclos...

On le dit enlisé, englué dans un entre-deux, tiraillé, grillagé, captif de son propre enclos, tel un amoureux éprouvé par une énorme bagarre dont l'issue s'affirmerait de plus en plus certaine, empêtré dans une toile d'araignée qu'il avait lui-même tissée, il n'en demeurait pas moins que ce même de Staël s'obstinera toute sa vie durant à conduire son œuvre jusqu'à son point ultime, sans jamais céder une goutte de son âme à son désespoir. S'il a connu quelque répit, des saisons plus paisibles, des théâtres plus lumineux, des échappées joyeuses sous le ciel d'Agrigente, des instants d'extase en dehors de la matière, il ne pouvait s'empêcher de se répéter :

"Je vais aller sans espoir jusqu'au bout de mes déchirements, jusqu'à leur tendresse". 

de_stael_parc_de_sceaux Parc de Sceaux

de_stael_nicolas_paysage_du_midi_Etude : Paysage du Sud

Ces déchirements laissent voir beaucoup : des compositions en faillite, tenant debout comme le funambule sur un fil, laissant deviner un ordre si subtil comme une manière de palimpseste. Des lignes se dirigent en tous sens, dans l'incertitude d'un point de départ, comme suspendues à quelque chose de dérisoire, "dans un geste d'abandon, de dégoulinade, de brouillage". Des lignes s'avancent menaçantes à gauche, tandis que celles de droite ploient. De part et d'autre de la toile, cela tombe, s'effondre, comme une boîte d'allumettes qui aurait soufflé. Des lignes labyrinthiques au-delà desquelles il y aurait écrit : No escape.

Ces espaces fragmentés, saturés d'éléments hétéroclites, faisant jusqu'à disparaître l'idée même de support témoignent d'un univers en miettes, hanté par un souci de réorganisation permanent. "La seule recherche sérieuse dans un tableau, c'est la profondeur, et un tableau c'est un espace organisé", dira de Staël. 

Un jour, moins de lignes, plus de masses, plus de matière, un autre, plus de couleurs, plus de lumière, moins d'épaisseur, davantage de respiration, faisant obstruction à tout ce qui ménage une percée vers la clarté, on le croit tout près du "but" et pourtant même dans ses peintures les plus lumineuses quelque chose se disloque peu à peu, se morcelle dans les amas de matière en tension, écrasé par le poids des choses. Ces envolées sont des longues expirations devant le ciel, le port d'Antibes, les ruines d'Agrigente, mais déjà, un peu au-dessous, le morcellement et l'étouffement le guettent. Même les footballeurs, cette "tonne de muscles [qui] voltige en plein oubli de soi avec toute la présence que cela requiert en toute invraisemblance", ne sont qu'agrégats de fragments soudés. La toile nous dit son propre labyrinthe a-structuré. Organiser la matière, la matérialité des choses, voilà ce à quoi de Staël s'éprouvait.

C'est "la vie dure".

Plus tard, il renonce à construire, et s'en remet entièrement à la matière comme à des muscles de couleur sortie du tube. De Staël s'incline :

"Que voulez-vous qui tienne un tableau si ce n'est la couleur?" 

"Il y a parfois une montagne d'esprit dans une parcelle de matière" 

AgrigenteAgrigente

P. Rancé dira : "De telle sorte qu'on oserait faire l'hypothèse qu'à la faille du symbolique, pressentie dans les difficultés du début, travaillée et reprise dans une tentative de structurer, d'architecturer avec des lignes, des limites, des espaces redessinés qui toujours s'effondrent, c'est le réel qui répond. Le réel de la peinture —comme matière "hors sens", littéralité littorale au rien— fait "tenir" le tableau là où le tracé échoue. C'est un peu comme si, ayant tenté de colmater la faille du symbolique par du symbolique, le peintre s'était heurté à un mur et que c'est sur ce mur qu'il allait désormais bâtir son œuvre, sur ce réel de la toile, vertical, frontal, sans essayer de le sauter, de le transpercer, de l'ouvrir. Il s'adosse désormais à ce "mur" qu'il maçonne, travaille comme un mur de maison, un mur de plâtre aux nuances de blanc, de gris, délicates, acceptant les fissures qui l'animent, le dessinent, le rendent vivant " :

"L'espace pictural est un mur, mais tous les oiseaux du monde y volent librement. À toutes profondeurs."

Une pâte épaisse à la texture rugueuse, et ce poids énorme de la matière qui se mesure à l’effort qu’ont les formes à s'extraire de l’obscurité qui envahit le tableau. Le chromatisme s'autorise de tous les noirs, depuis les bleus durs, aux bruns foncés, seul un discret tracé de rouge est toléré. Quatre bouteilles surgissent de l’obscurité, comme si elles avaient été conçues ex nihilo. Derrière les épaisses couches de peinture, des bouteilles endeuillées se confondent avec le « fond » obstinément noir. Les formes émergent pudiquement du champ chromatique et s’interpénètrent avec l’espace limitrophe. La composition tient en un équilibre si précaire, à la limite du visible et de l’informe, qu’elles semblent vaciller telles les natures mortes de Morandi.
De Staël écrira en juin 1952 : “Il faut se retirer dans l’ombre des voiles, se cramponner à chaque plan à peine perceptible, si l’on ne veut pas finir en fresque de Pompei, en platitude”. Entre le visible et l’invisible, la frontière est si ténue que le tableau en son entier se donne à voir comme représentation d’un voile, au-delà duquel le désir demande à voir l'inapparent qui, pour de Staël, avait pris le sens d’une quête.


            

Refuge et prison, les dernières natures mortes de Staël eurent pour sujet l’atelier de l’artiste :

Atelier vert, Coin d’atelier à Antibes, Coin d’atelier fond bleu, Atelier à Antibes, et Atelier fond orangé. Dans ce dernier tableau, la couleur de plus en plus pure prévaut sur la matière qui s’efface au profit de champs monochromes imbibées de formes, de rectangles aux couleurs irradiantes et aux bords diaphanes évoquant les toiles que Mark Rothko avaient peintes dans les mêmes années aux Etats-Unis. Même si Rothko ne s’est jamais soucié de représentation, s’engageant toujours plus loin dans la conception de ses tableaux comme champs d’immersion dans la couleur et dans la sensation, son œuvre, comme celle de Staël, évoque la dimension du surgissement, de l’épiphanie, donnée par le visible et visant cet au-delà du visible. A l’époque, Nicolas de Staël travaille sous l'emprise des  toiles de Vélasquez qu’il a revues au Prado en 1954, il évoque l'idée de la “suprême aristocratie de cette pincelada qui, avec un minimum de matière, un minimum de brio, un maximum d’autorité, suscite un art déconcertant de simplicité et de présence.”
Dans cette dernière période les couleurs qu'il emploie sont à la fois saturées et fluides, il les applique  en couches de plus en plus minces et plonge la toile dans une lumière orangée « troublée» par quelques lignes bleues qui décrivent les outils du peintre, le contraste renforce l’intensité de la couleur dominante, supporte et sa présence ou son absence dans la toile, désormais souveraine. De Staël ménage des réserves, des zones d’absence qui dessinent la forme d’un tiroir, ou d’un châssis suspendu en arrière-plan rappelant les zip de lumière dans les tableaux monochromes de Barnett Newman. Les réserves de Staël concentrent toute l’énergie chromatique, font vibrer l’espace et changent ses tableaux en véritables drames, au sens littéral de drama qui dit l’action ; ici de la couleur, dans ses rapports de contraste, ses dissonances, ses complémentarités, ses transparences, sa lumière.

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Exposition Aimé Maeght et ses artistes

Lettre d'information de la galerie Maeght :

AIME MAEGHT ET SES ARTISTES
MIRO, CALDER, GIACOMETTI, BRAQUE…

ROYAL ACADEMY OF ARTS, LONDRES
4 Octobre 2008 - 2 Janvier 2009

Royal Academy of Arts- Piccadilly - Londres - W1JOBD
Tel : 00 44 20 7300 8000 - www.royalacademy.org.uk

Georges Braque et Aimé Maeght


 



 

Le plus important musée de Londres, la célèbre Royal Academy of Arts, a

souhaité rendre hommage à l’aventure poursuivie par la famille Maeght

depuis 1936. La commissaire d'exposition Ann Dumas présente un

ensemble exceptionnel d’œuvres issues de la collection privée Maeght

ainsi que des collections de la Fondation Marguerite et Aimé Maeght

de Saint Paul. Ann Dumas et Isabelle Maeght réunissent les grandes

peintures de Bonnard, Miró, Matisse, Braque, Giacometti qui côtoieront

les sculptures emblématiques et monumentales de Calder et Giacometti.

De rares documents, photos, lettres et souvenirs montreront aux visiteurs

’amitié profonde qui lie les artistes aux Maeght. Un accent particulier

sera mis sur l’extraordinaire qualité éditoriale de Maeght.

 

Henri Matisse, portrait de Marguerite Maeght

Pierre Bonnard, L'été

 

 

L’exposition comporte plus de 150 peintures, sculptures, céramiques,

gravures, livres d’artistes ainsi que des films inédits montrant la relation

exceptionnelle qui existait entre Aimé Maeght et ses artistes.

Cet ensemble atteste du remarquable rôle joué dans l'histoire de l'art

du XXème siècle par Aimé Maeght, un marchand, un concepteur

d’expositions et un éditeur de génie qui avec son épouse, Marguerite,

a fondé la célèbre Galerie Maeght à Paris, en 1946, et la Fondation

Marguerite et Aimé Maeght inaugurée par André Malraux en 1964.

L’exposition s’ouvre sur les œuvres monumentales de Bonnard avec

« l’Été » et de Matisse avec « le Buisson ». Également par Matisse,

« le Portrait de Marguerite Maeght », l’un des onze portraits qu’il réalisa

de l’épouse d’Aimé. Une grande salle sera consacrée au travail de Miró

et de Calder, unis non seulement par une amitié étroite mais également

par un amour de la couleur et une approche exubérante et espiègle

de la création artistique.

 

Alberto Giacometti, L'homme qui marche

Georges Braque, Les oiseaux noirs

 

Une autre pièce rassemblera les travaux de Giacometti et Braque,

deux grands maîtres du XXème siècle qui accompagnèrent Aimé Maeght

dans son aventure. Les figures solitaires en bronze de Giacometti feront

écho aux toiles majestueuses de Braque. La dernière salle affichera

des exemples exceptionnels de collaboration entre les poètes et

les artistes à travers des livres de bibliophilie arborant les grandes

et vives lithographies de Miró et Calder, les explorations subtiles

de Braque ainsi que les figures introspectives de Giacometti.

Pour clore l'exposition, un spectaculaire mur regroupe toutes

les couvertures des 253 numéros de Derrière Le Miroir.

Cette revue, illustrée de lithographies originales, sur des textes

originaux des grands poètes et écrivains de l’époque, fut éditée

de 1946 à 1981 et accompagnait chaque exposition de la Galerie Maeght.

Conférence donnée par Isabelle et Yoyo Maeght le 31 octobre 2008.

 


site : www.maeght.com/éditions

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Phrase du jour

"La peinture, c'est un  maladie,

c'est un microbe qu'on a dû attraper un jour,

pis on n'a pas moyen de le guérir"

 Jean-Paul Riopelle

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28 septembre 2008

Mehdi Qotbi : un poète sans mots


160Mehdi Qotbi n'est pas un calligraphe au sens classique de la tradition, il a néanmoins a inventé une poétique de mer, de signes graphiques qui ondulent de la gauche vers la droite comme on écrit en arabe ; il a inventé un alphabet de couleurs, indigo et safran, émeraude et ocre, une flotte glissante, constituée d'une horde d'embarcations retraçant  des récits nomades... Ces toiles sont des escales de fraîcheurs et de rosées matinales, où des oiseaux piailleurs et "voleteurs" rasent chaque ligne mélodique. On peut y voir tout aussi bien des touffes bouclées de langueur. Son phrasé sensible a conquis la plume des poètes et écrivains de notre époque : Aimé Césaire, Vaclav Havel, Octavio Paz, Yves Bonnefoy, Jacques Derrida, Léopold Sédar Senghor, Andrée Chédid... Une oeuvre qui nous fait voyager au carrefour des cultures.

mehdi

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autour de L'art de la tache

Alexander Cozens

(1717-1786)

mercredi 23 octobre 2002.

 


es rares allusions faites ici et là à cet artiste anglais et à son traité le plus fameux : Nouvelle Méthode pour secourir l'invention dans le dessin des compositions originales de paysages renvoient presque toutes à l'article de Henri Zerner, publié en mai 1966 dans la revue L'Œil. Jusque-là, le texte et les indications de Cozens étaient restés lettres mortes en France et, même dans les pays anglo-saxons, il n'en subsistait que trois exemplaires complets, avec leurs planches illustratives du plus haut intérêt, qu'examineront avec attention, au siècle suivant, Constable et Turner.

Si l'article de M. Zerner donnait déjà quelque lumière sur un praticien des arts tombé dans l'oubli, nous disposons aujourd'hui, à son sujet, grâce à Jean-Claude Lebensztejn, d'une somme énorme de renseignements, d'informations et de prolongements inattendus en amont et en aval. Sous le titre général de L'Art de la tache, ce dernier a donné, en effet, aux éditions du Limon, l'intégralité du texte de Cozens, A New Method…, imprimé à Londres pour l'auteur en 1785, suivi de sa traduction littérale en français et précédé d'une longue et passionnante introduction abordant, de manière simple et érudite, les théories de l'imitation en art, de l'invention et de la création, de l'Antiquité au XVIIIe siècle et, de là, jusqu'à nos jours, à partir de l'origine naturelle de l'art. Pour Cozens, en tous cas, la cause était entendue : « On perd trop de temps à copier les ouvrages d'autrui… et l'on passe trop de temps à copier les paysages de la nature elle-même. » Et pour inventer du nouveau, suite à sa propre expérience et aux leçons de Léonard de Vinci, qu'il dit avoir lues sur le tard, il proposait de s'en remettre pour le peintre aux taches faites par hasard, sur le papier ou sur la toile, « qui inclinent à élargir les pouvoirs de l'imagination… ouvrir l'esprit et le mettre sur la voie de pensées neuves ».

« Une tache artificielle suggérera, disait-il, différentes idées à différentes personnes… un seul et même dessinateur pouvant aussi faire des dessins différents d'après la même tache… » : ici, on est déjà tout près des tests de Rorschach (1884-1922). D'ailleurs, dit-il, avant de livrer des conseils techniques, « la pratique du tachage peut aider même le génie ; et là où le génie est latent, elle aide à le produire au jour ». Et l'on se trouve alors du côté de chez Hugo, de Max Ernst ou de Matta.

Grâce à Jean-Claude Lebensztejn, nous voyons mieux les enjeux d'un problème qui déborde d'avance la mise artistique puisqu'il opère sur la place de l'homme dans le monde, entre le hasard et la nécessité. La philosophie des Lumières, le Romantisme puis le Surréalisme se sont repassé la question avant d'arriver comme lui à se demander comment le même rapport à la nature, la même fascination de l'origine produisent à la fois, au XVIIIe siècle par exemple, Vignon et Boullée, Bernardin de Saint-Pierre et le Marquis de Sade, l'art académique et les taches de Cozens. Mais, comme tous ceux que rien n'arrête, « la plus grande audace de Cozens ne fut pas de faire des taches : ce fut de les publier et d'en faire la théorie ». William Beckford, qui fut son élève, puis son ami, décrit ainsi Cozens, au manoir de Fonthill : « Il est ici très heureux, très solitaire et presque aussi plein de systèmes que l'Univers. » Cozens, en effet, proposait sa « Nouvelle Méthode… » non comme un art de mieux dessiner, mais comme un remède systématique, et par là renouvelable à volonté, aux défauts de l'œil, aux maladresses de la main et à l'imagination défaillante.

Depuis, l'automatisme et la poésie ont pris le relais, mais Alexander Cozens en est, sans contredit, l'initiateur, même involontaire, celui qui donne enfin le signal du départ, après les « Assez vu… Assez eu… Assez connu… », que déplorait plus tard Rimbaud, avant de se lancer, lui aussi, sur les terrains de « l'affection et des bruit neufs ».

Alexander Cozens, L'Art de la tache,
présentation de Jean-Claude Lebensztejn, éditions du Limon.

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DSC01598_1

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ça me plaît...

des photos-collages très graphiques, c'est sur ce site : http://alt144.blogspot.com/search/label/photos%20collages

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22 septembre 2008

Lectures et performances de Lucien Suel

Lucien Suel

Lectures et performances

(Jurançon, Montreuil-sur-Mer, Lille, Bordeaux, Charleville, Paris)

Septembre-Octobre-Novembre 2008

 

En Septembre

 

à Jurançon, Festival « Poésie dans les chais » (Daniel Biga, Gwenaelle Stubbe, Lucien Suel)

Deux lectures spectacles de Lucien Suel :

Le vendredi 12 septembre à 20h au Rallye-Bar à Jurançon

et le samedi 13 septembre à 15h au Domaine Lapeyre, Chapelle de Rousse, Jurançon

 

à Montreuil-sur-Mer, à l’occasion des Journées du Patrimoine, dans l'Hôtel Saint-Walloy, Place Saint-Walloy, "Les doigts dans la terre", Exposition personnelle de Josiane Suel, 40 tirages noir et blanc sur papier baryté 30x40.

Vernissage en présence de la photographe le 13 septembre à 18h30.

A l’occasion de cette exposition, le dimanche 21 septembre à 16h, Lucien Suel fera une lecture publique d’extraits de : Visions d’un jardin ordinaire (éd Marais du livre), Canal Mémoire (éd Marais du livre), La poussière (éd. Publie Net), Mort d’un jardinier (La Table Ronde, en librairie début novembre).

Visites libres samedi et dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h

Pour tout renseignement : Office de Tourisme de Montreuil-sur-Mer et ses Vallées au 03.21.06.04.27

 

à Lille-Fives, à l’occasion de la parution du volume collectif A chacun sa place (avec Florence Ferrandi, Stéphanie Maurice, Pierre Garnier, Lucien Suel, Ian Monk, Dimitri Vazemsky, Francis Delabre, Eugène Durif, Olivier Mellano, Das Kapital, Bertrand Betsch, Jérome Minière, Stanley Brinks co-fondateur des Herman Düne, Dylan Municipal, Katel, mmmop la voix des feu lazzi )

Les 19, 20 et 21 septembre, exposition et vernissage.

Exposition A chacun sa place, sur la place De Geyter pendant les 3 jours.

Vernissage le 19 septembre dès 17h30.

L'exposition présentée pour l'occasion est constituée des métamorphoses 5 et 2 de Florence Ferrandi. D'un montage d'extraits de textes qui répondent aux photos par Severine Yvon. Lucien Suel s'est également prêté au jeu en enregistrant un montage des extraits de textes de son choix, une nouvelle lecture de l'ouvrage qui rencontre d'autres extraits issus des chansons.

Les samedi 20 et dimanche 21, ouverture toute la journée, de 10h à 19H.

- Métro Fives - Place De Geyter, Lille-Fives .

Renseignement : contactlacontreallee@gmail.com

 

à Bordeaux, le 26 septembre à 19h, Lectures de Lucien Suel et Marc Guillerot, avec les éditions du Dernier télégramme.

Lucien Suel lira entre autres des extraits de Nous ne sommes pas morts et Patismit, deux ouvrages parus récemment au Dernier Télégramme.

Soirée organisée par les Editions N’a qu’un Œil, au 19, rue Bouquière, Bordeaux Tél : 05 56 51 19 77

 

En Octobre

 

à Lille-Wazemmes, Le Cabaret Anonyme, à l'occasion de Lire en fête, avec les éditions de La Contre Allée, à la Maison Folie de Wazemmes - Lille (Rue des Sarrazins).

Pendant trois jours, vendredi 10 octobre de 18h à 21h, le samedi 11 de 14 à 19h et dimanche 12 de 11 à 18 h. Programmation du Cabaret Anonyme : Bertrand Betsch, Olivier Mellano, Laure Limongi, Dylan Municipal, Julien Delmaire, Lucien Suel & Patrick Devresse.

Performance Photoromans par Lucien Suel et Patrick Devresse, le samedi 11 octobre.

 

à Charleville-Mézières, récital Cheval 23 (Lucien Suel & Arnaud Mirland), le 16 octobre. Renseignements auprès de La Compagnie Générale d’Imaginaire.

 

En Novembre,

 

à Paris, le 6 novembre, parution de Mort d’un jardinier, roman de Lucien Suel aux éditions de La Table Ronde. A l’occasion de la sortie du livre, rencontre lecture et signature à la librairie Le Divan, 203, Rue de la Convention, 75015 Paris (tél : 01 53 68 90 68).

 

Autre publication :

Trois textes de L. S. dans le 5e numéro de Minimum Rock'n'Roll, "Binocles, Œil de biche et Verres Fumés, Rock & Lunettes" (en librairie depuis le 4 septembre).

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