Sous le ciel lésé, les sens font tristes mines

la tête mise en joue n'est déjà plus que ruine

affreuse vanité de ceux qui estropient

et la chair et l'esprit recueillis en leurs plis

on boit à la fontaine des mots déguenillés

une phrase s'étourdit et glisse vers l'abîme

une autre à son chevet tente la rattraper

mais le vent téméraire à aggraver l'indigne

un goût de métal blanc a envahi la bouche

et les mots côte côte ne forment plus que fourche

ils s'ébrouent dans la boue comme vieux cheval fou

condamnés à pâtir sous la haine des flèches

qui traversent l'occiput comme le cri d'un loup

Que restera-t-il d'eux et puis un peu de nous