18 août 2009
Lucien Suel, "La patience de Mauricette"
"« La patience de Mauricette », mon deuxième
roman aux Editions de La Table Ronde, après « Mort d’un jardinier »,
sera en librairie le 3 septembre 2009. Ce roman a été écrit entre août 2008 et
avril 2009 alors que j’étais en résidence d’écrivain sur le site de
l’Etablissement Public de Santé Mentale d’Armentières - Lille Métropole, au G18,
dans le service de psychiatrie générale dirigé par le Docteur Christian Müller.
L’action principale du roman se déroule à « La
Clinique » du secteur G18 à la fin de l’été 2008, pendant les trois
semaines d’hospitalisation de Mauricette Beaussart, 75 ans.
La narration inclut des retours en arrière sur l’enfance
de l’héroïne et les drames qui l’ont marquée. Entre chaque chapitre du roman, le
lecteur découvre aussi le monologue intérieur de la patiente, une sorte de
journal intime et instantané, un aperçu de sa souffrance
intérieure. D’autres précisions et les premières pages du
livre sont à découvrir sur le blog « Lucien Suel ‘s
Desk » ou sur le site
des Editions de la
Table Ronde.
Vous êtes invités à la présentation, lecture et
signature, qui aura lieu à Armentières sur le site de l’EPSM, à l’occasion de
cette parution nationale, le 3 septembre, entre 12h et 15h, salle polyvalente de
l’EPSM. Précisions et programme de la manifestation sur le site de
l’EPSM et sur celui de
Hôpital
Innovation Culture." Lucien Suel
12 août 2009
Les mots brassent des histoires
ils sont parmi
s'ils venaient à être oubliés
dans
un angle qui ne meurtrit jamais
qu'on ne peut plus nommer
obtus
un angle invérifiable
un angle mort
un feu les rendra à une nouvelle condition
parmi
10 août 2009
07 août 2009
Divagations
Je regarde les mots
Qui sont des bibliothèques
De ma terrasse une fenêtre
entre deux eucalyptus
me permet de regarder
la montagne à deux cornes
Godard est peut-être le seul
à se moquer du cadrage
Un mètre soixante-dix
c'est peu
à l'échelle du soleil
Le dogme de l'immaculée conception
a été institué par l'Eglise en 1854
Deux ans après Flaubert publiait
Madame Bovary
Les dates délimitent un cadre historique
Une pierre encadrée est pur fétiche
La peinture moderne
a voulu s'affranchir
du cadre
lieu fixé par l'aliénation
06 août 2009
El Final de este estado de cosas, redux
El Final de este estado de cosas, redux ("La fin de cet état de choses") est une lecture de la prédiction de l'Apocalypse de Jean. Pour comprendre, il convient de revenir à l'étymologie qui bien souvent nous livre le sens original. Apocalypse est la transcription du terme grec ἀποκάλυψις / apokalupsis qui lui-même traduit le nigla hébreux, lequel signifie mise à nu, enlèvement du voile ou révélation qui est annoncée à Saint-Jean sur l'île de Patmos par ces mots : « Révélation de Jésus-Christ » (Apocalypse 1,1). Le livre prophétise aussi bien sur ce qui est arrivé, sur ce qui arrive, que sur ce qui doit arriver plus tard : « Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, et ce qui doit arriver ensuite » (Apocalypse chapitre 1, verset 19).
Premier tableau ou comment les choses se présentent : une procession de personnages entre sur le plateau, se place de façon à inscrire un espace dans l'espace, un espace insulaire bordé par le silence, bordé par une pluie de sable. La scène est créée : lieu où les choses peuvent être accueillies et se manifester. L'île de Patmos?
Je repense alors à ces vers de Lorand Gaspar :
"comprendre vraiment ce qu’est être ici
nuage, martinet, homme ou caillou —
c’est ainsi dans les moments les plus simples
que le dire s’enracine en son vivre —
puisse la saveur du jour dans la gorge
portée par l’ouverture trouvée,
pour d’autres parmi les herbes renaître -
(Patmos)
et aussi ; "quelqu’un en moi écoute sans relâche
l’inaudible battement dans les choses".
Galvan convoque des musiciens, des musiques, des chanteurs. Galvan démultiplie les sources d'inspiration. Il fait feu de tout bois, de tout style. Il se fait aussi bien accompagner par Inès Bacan, l'une des grandes voix du flamenco que par un groupe de jazz contemporain ou de Heavy metal. On le croit au bord de l'éclatement, il n'est jamais débordé. Il est là dans une sorte d'évidence. Organique. Dansant "la fin de cet état de choses" sur un plancher à ressorts, défiant un peu plus le déséquilibre, restaurant l'équilibre en s'appropriant le déséquilibre.
La foudre frappe partout et de tous côtés car il danse le danseur, faisant claquer des talons comme on claque des dents sous l'empire de la fièvre. Pourtant rien ne semble l'ébranler. Dans ce disparate, jamais il ne cède à quelque faiblesse dramaturgique. Chaque "tableau" s'inscrit dans une profondeur onirique qui évolue au gré de ses métamorphoses à la fois étranges et burlesques, toujours plus éclatantes. Il est tout à la fois aigle et taureau, taureau et torero, danseur des ténèbres comme dans le bûto japonais et Nijinsky, homme et femme, homme-femme, à visage découvert ou masqué, roulant des hanches comme une "sévillane" jouant de ses bagues comme autant de minuscules castagnettes... Car en tout état de causes, c'est le flamenco qui triomphe "de la fin de cet état des choses".
03 août 2009
Drôle de gris
Gris
masse, gris à plat tristement aigris, gris du trop boire, gris taché d'un gris
arriéré, gris barbouillé de débris de gris rejetés par un vent plus vieux, gris
de cordage gorgé de sel saupoudrant un gris ponton aux lattes craquelées, gris
miroir de la mémoire qui fléchit, gris en aplomb d'une carrière de granite,
gris vestibule encombré de particules écrasant la matière, gris occultant d'une
occulte soutane, frères gris aux paroles dégrisantes, gris de l'indifférence,
gris de la tempérance inerte, gris de l'indicible milieu...





