Israel Galvan au Festival d'Avignon
Festival d'Avignon : Israel Galvan, le flamenco de l'apocalypse, c'est ici :
http://www.arte.tv/fr/2712672.html
Publié le samedi 18 juillet 2009 à 13H56
Le danseur à partir de ce soir dans la carrière de Boulbon
Israel Galvan, extraterrestre du flamenco, en équilibre instable sur son plancher à ressorts.
"Il peut faire du flamenco pieds nus, ce qui suffit à le faire passer pour un iconoclaste. Il peut danser La métamorphose de Kafka. D'ailleurs l'auteur du Procès, au même titre que Lorca, a eu une influence majeure sur sa formation artistique. Il s'est fait construire un plancher monté sur ressorts sur lequel il est en équilibre instable. Il peut évoluer au son d'une banda jouant le paso doble Paquito el chocolatero, cette scie des feria. Dans le monde très codifié et conservateur du "baile flamenco", Israel Galvan, fils de Eugenia de Los Reyes et du légendaire José Galvan, fait figure de martien.
"Mon père et ma mère étaient des danseurs très orthodoxes. Ils me considèrent comme quelqu'un de très étrange". D'ailleurs quand il était petit il aurait voulu être joueur de football. Aujourd'hui, Israel Galvan est adulé aussi bien par les aficionados, ayatollahs d'un "flamenco puro" et géomètres du "taconero", que par les amateurs d'expression contemporaine. Il est à la danse ce que Paco de Lucia ou Camarron de la Isla furent à la guitare et au chant: il réinvente le flamenco à chacune de ses apparitions.
Le spectacle qu'il présente à partir ce soir au festival d'Avignon El final de este estado de cosas, redux (La fin de cet état de choses, redux), s'inspire de l'Apocalypse avec un clin d'oeil au film de Francis Ford Coppola. "Je ne remonte pas la rivière comme le héros d'Apocalypse Now, mais je traverse la scène", dit-il. "Danseur des solitudes", comme l'a écrit Georges Didi-Huberman, il a trouvé dans la carrière de Boulbon l'aridité qui lui convient. Soliste radical, Israel Galvan est cependant toujours très bien entouré.
On l'a vu souvent avec Diego Carrasco, autre iconoclaste de génie, le pianiste Diego Amador ou le chanteur Miguel Poveda. À Avignon, il sera accompagné par l'immense chanteuse de Lebrija, Inès Bacan, soeur du regretté guitariste, Pedro Bacan, une des grandes voix du flamenco. Mais, il y aura aussi un groupe de hard rock."
Pratique : jusqu'au 26 à la carrière de Boulbon.
Tel :04 90 14 14 14. "Israël Galvan, l'accent andalou" le formidable portrait que Maria Reggiani a consacré au danseur est rediffusé sur Arte, demain à 17h40.
Par Jacques Corot ( jcorot@laprovence-presse.fr )