09 octobre 2011

Comme un arbre qui monte la garde, tu te dresses à l'orée des mots. Ta voix se lance à l'assaut d'une langue qui ne ménage pas tout ce qui est d'abord convenu, méfiant des images qui se balancent de branche en branche sur le corps rugueux du réel, tu replies les doigts sur une lueur vacante. De temps en temps tu te laisses emporter par l'alcool des songes. Comme les enfants tu aimes à jouer avec l'invisible et ses chimères.        
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09 octobre 2011

A vouloir tordre le cou à toutes les croyances, le rêve se vide de son sang.
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08 octobre 2011

Certains matins tu es d'une écoute flottante à couver la lune. Tu me parles de cette pluie d'étoiles filantes qui va perforer notre ciel sans laisser de traces. Tu me dis cela pour me dire que tu n'es pas tout à fait mort à ce monde-ci. Tu parles à l'envers des trains qui grognent dans le froid des gares. Tu regardes les visages et accorde ta respiration à l'herbe dans la prairie.Ta phrase génère de l'électricité autour d'elle. Cette phrase qui se veut à des années lumières de toute raison gardée est reconnaissable entre toutes. Je... [Lire la suite]
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07 octobre 2011

Je suis sortie de la chambre sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller les mots de la veille. Il y a des jours où la mémoire me fait mal où qu'on la sollicite. Elle se vêt d'un supplément de peau qui me fait écrire comme si j'étais sur un terrain vague, sur un sol trop grand pour des mots mal ajustés. L'incompréhension peine à ouvrir la porte de ce qui se raconte entre les signes. A ouvrir la porte du vivre. Il faudrait une minute d'éternité pour prendre langue avec l'amoureux transi qui est en nous.
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05 octobre 2011

Te voici couvert de mots à ne plus savoir qu'en faire, à te demander si dans cette poussée de langue tu ne vas pas tout jeter par dessus bord. Non. Tu attends patiemment sur le bord de la table que ton désir découvre une syntaxe nouvelle. Tu attends qu'une phrase vienne caresser de ton humeur quelle soit grise lorsque tu côtoies l'alccol des songes ou qu'elle prenne la couleur fauve de ta colère contre ce dédale dans lequel tu es pris tout entier. Lorsque les mots se pressent sur la feuille toute image a déserté. Il ne reste que des... [Lire la suite]
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05 octobre 2011

Dédicace

Il a pris des ciseaux et découpé dans le bleu du ciel. Le désir a fait son nid dans ce feuillage pris à cet endroit que personne ne peut voir. Jour après jour, le regard épouse un peu plus de ce mystère de la chambre claire. Il flâne entre montrer et ne pas montrer. S'incruste dans l'infime et l'infinitésimal. Ces mouvements ne transportent aucune mémoire. Au contraire, elle défie la mémoire, la mauvaise mémoire. Ce qui conte c'est le résidu, cette pellicule de réalité qui nous entoure. Tu commets sans le savoir des images qui sont en... [Lire la suite]
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05 octobre 2011

Le sentiment de première fois est comme un souffle qui nous dénude, qui nous fait vaincre toute antériorité. Ce qui précède se dissipe dans une bouche d'ombre. Cet état résonne comme une naissance où les regards de l'un de l'autre sont lavés à grande eau. Si bien lavés qu'ils ne voient de la vie passée qu'une image perdue derrière la paupière. A peine une image. Un point aveugle égaré sur la rétine.
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04 octobre 2011

Aujourd'hui il a mis du ciel dans mes mots. Un ciel couvert de nuages. Je les ai regardé un à un s'amonceler au-dessus de ma tête. Je cherchais entre eux ce bleu profond qui rassénère l'âme et nous fait parler amoureusement. Sa parole est venue se poser sur la mienne avec une verticalité vertigineuse. Je compris alors que le bonheur m'avait faussé compagnie beaucoup trop longtemps. J'étais alors dans cette chambre comme dans un corridor qui se mordait lui-même, une salle de pas perdus, une salle de mots perdus. Je devinais que même... [Lire la suite]
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03 octobre 2011

Je concède à l'amour le pouvoir de courtiser l'inédit, l'ineffable, ce qui ne peut être dit. L'amour ne dissipe aucun mystère au contraire il l'épaissit.
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02 octobre 2011

Tant de couleurs ont passé en désaveux, de paroles à gratter à la peau du mensonge et de larmes à s'en barbouiller le visage, qu'elle est tombée tout au fond  d'un lit de chair. Aucune plainte ne s'en échappe, juste une voix qui vacille dans l'entre-deux d'une réalité froissée de mille plis. Même nue, elle est encore habillée de son chagrin. Pour faire bonne figure, elle remet sa robe des jours d'été, de l'ordre dans ses mots pour mimer les lieux communs de l'amour. Dans son rire, il y a un je ne sais quoi de fin du monde.
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