15 octobre 2011

Je glisse sur le marche-pied du monde. Je tente d'entendre plus loin que ce qui se présente, plus loin que les seules apparences qui opèrent par le bouche-trou du réel. Je me protège des images qui nous mordent la peau. De ces images cannibales qui se nourrissent du sang de l'Autre. Des heures, j’observe se mouvoir ce mouvoir. Cette agitation des peuples. Ce qui est inouï ne peut être vu. Pourtant l'inouï se produit ici et là sans que cela ne nous soit vraiment offert ou confié. Il faut demander à l'archer aux yeux bandés ce qu'il... [Lire la suite]
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14 octobre 2011

Tu t'es longtemps tu, les yeux enfoncés dans la tiédeur de ta solitude. A lécher les pages de ton cahier de notes. J'y voyais une manière d'y lécher tes propres larmes. Une manière d'apaisement. Ta solitude est là, prise à l'envers des mots, dans une écoute féroce de la beauté des choses. Tu es de cette oreille-là qui me fait bondir sur le sol frais de tes rêves. Avec toi je me suis longtemps tue à observer tes gestes et tes mouvements en mal d'eux-mêmes. Ici c'est un peu le bout du monde, un endroit où même les anges n'osent... [Lire la suite]
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14 octobre 2011

Hors de la chambre, ce qui conspire, l'éphémère aux carreaux froids du jour. La vaisselle d'hier qui triomphe de la maigreur des choses. Les murs qui respirent le parfum âcre de la hâte. Les échanges de voix qui font trembler les cloisons étroites. Le soleil qui s'appuie sur le balcon dans une hésitation de lumière. La table inclinée par de lourdes confessions. Les mots qui fatiguent d'une heure à l'autre. C'est décidé, je vais jouer avec les feuilles du peuplier qui me regarde à travers la fenêtre.    
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13 octobre 2011

Dans cette course de fond avec le temps, l’écriture s'invente un autre corps. Corps indolore que l’on peut triturer, malmené, tordre, sans que ne soit jamais versée une seule goutte de sang. Mais sait-il jamais ce qu’il gagne ce corps puisqu’il n’a jamais idée de ce qu’il surmonte? C’est avec ce doute majeur qu’il lui faudra faire son chemin. Celui qui écrit a le pouvoir de détourner et de tourner la détresse de ce corps en la ré-fléchissant. Il se dépense à penser ce qu’il ne ferait que subir. C’est dans cette conversion souvent... [Lire la suite]
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13 octobre 2011

J'ai  découpé les ombres qui volaient au-dessus de ta tête. Fines dentelles ficelées maintenant à la chaise du quotidien. Dehors raffole de ces ombres ligotées. Il s'en donne à coeur joie. Nous avons laissé derrière nous ces ombres insistantes et vaquer à notre amour.
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12 octobre 2011

Ce texte je l'ouvre avec tes yeux perdus dans le ciel et sa tenue d'apprêt ce texte je l'ouvre avec ta douceur ambulante et qui voyage sur l'abat-jour de nuit ce texte je l'ouvre par la fente de ton sourire qui roule en contrebas de la terre avec tes mains timides à froisser l'aube qui approche avec ton rire qui escalade les meubles de la chambre
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12 octobre 2011

Quand tu me parles, tu fais reculer la poussière qui s'est déposée dans mon esprit. Tu me parles dans le fond de l'œil et efface un peu de la nuit dans laquelle je regarde suinter le temps. La peau du temps. Je mesure les forces que tu déploies pour me ramener au bord des mots que j'avais remisés dans cette arrière-cour de vapeurs et de songes sans oreillers. Je travaille les volets clos, derrière le paravent du monde. Je trace des traits que l'air délaisse. Des traits au seuil d'une clarté disponible encore un peu. Je vois grandir... [Lire la suite]
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11 octobre 2011

Tournent les jours dans la blancheur de l'air. La langue s'éveille avec le froissement des nuages inquiets de leur voyage. L'ombre déposée sur tes yeux danse avec la brume à l'entour. Tes pensées sécrètent de la chaux-vive. J'ai déplié mon coeur à côtés de tes joues. Le monde avance avec ses points de sutures.
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11 octobre 2011

Après tant d'années d'inattention, la mémoire de nos amours bleuit. La patience drague des lacs sous la glace. La parole portée à son élargissement aperçoit l'insaisissable rétracté en sa chair. La voici qui sourit à son ombre portée, à surface de rivière. S'étonnera-t-on de tant de lueurs guerrières sur la vitre de l'horizon?
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10 octobre 2011

J'ai couché ma tête sur ton ventre comme si c'était le creux du monde. Je suis descendue le long de ton corps amaigri de nuits. De ton corps froissé par les inconséquences de la solitude. J'ai gravé des baisers sur ta blanche nudité. Mille fois tu as déposé mon nom sur mes lèvres décolorées par l'absence. Peu à peu nous avons réinventé notre histoire, notre vie d'être ensemble. Rien ne va de soi ou peut sembler acquis. Quelque chose donc a repris voix entre nous répétant l'instinct premier d'avant où nous étions enlacés comme jamais,... [Lire la suite]
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