30 juillet 2009
Entretien Pascal Quignard et Sylvain Bourneau
Pascal Quignard s'entretient avec Sylvain Bourmeau à l'occasion de la parution de son livre La Barque silencieuse (Le Seuil), 2009, à écouter ici : http://www.dailymotion.com/video/k4t9wbK lxqa2pL17s7F
24 juillet 2009
"Nous sommes tous des migrants"
Nous sommes tous des migrants
: un ouvrage collectif dirigé par Giluio-Enrico Pisani (dans mes liens) auquel ont contribué Anita
Ahunon, Afaf Zourgani, Jalel El Gharbi, Laurent Fels et Laurent Mignon. Le Zeitung vum Lëtzeburger Vollek y consacre un article en date du 10 juillet que vous pouvez découvrir sur l'excellent blog de Jalel El Gharbi (également dans mes liens):
http://jalelelgharbipoesie.blogspot.com/2009/07/ne-sommes-nous-pas-tous-des-migrants.html
Je ne saurais trop vous recommander de suivre pas à pas, lettre à lettre son Abécédaire du vieux maître soufi, au fil des jours, chapelet qui tisse son ouvrage et le long duquel nous tissons nos pensées.
21 juillet 2009
Israel Galvan au Festival d'Avignon
Festival d'Avignon : Israel Galvan, le flamenco de l'apocalypse, c'est ici :
http://www.arte.tv/fr/2712672.html
Publié le samedi 18 juillet 2009 à 13H56
Le danseur à partir de ce soir dans la carrière de Boulbon
Israel Galvan, extraterrestre du flamenco, en équilibre instable sur son plancher à ressorts.
"Il peut faire du flamenco pieds nus, ce qui suffit à le faire passer pour un iconoclaste. Il peut danser La métamorphose de Kafka. D'ailleurs l'auteur du Procès, au même titre que Lorca, a eu une influence majeure sur sa formation artistique. Il s'est fait construire un plancher monté sur ressorts sur lequel il est en équilibre instable. Il peut évoluer au son d'une banda jouant le paso doble Paquito el chocolatero, cette scie des feria. Dans le monde très codifié et conservateur du "baile flamenco", Israel Galvan, fils de Eugenia de Los Reyes et du légendaire José Galvan, fait figure de martien.
"Mon père et ma mère étaient des danseurs très orthodoxes. Ils me considèrent comme quelqu'un de très étrange". D'ailleurs quand il était petit il aurait voulu être joueur de football. Aujourd'hui, Israel Galvan est adulé aussi bien par les aficionados, ayatollahs d'un "flamenco puro" et géomètres du "taconero", que par les amateurs d'expression contemporaine. Il est à la danse ce que Paco de Lucia ou Camarron de la Isla furent à la guitare et au chant: il réinvente le flamenco à chacune de ses apparitions.
Le spectacle qu'il présente à partir ce soir au festival d'Avignon El final de este estado de cosas, redux (La fin de cet état de choses, redux), s'inspire de l'Apocalypse avec un clin d'oeil au film de Francis Ford Coppola. "Je ne remonte pas la rivière comme le héros d'Apocalypse Now, mais je traverse la scène", dit-il. "Danseur des solitudes", comme l'a écrit Georges Didi-Huberman, il a trouvé dans la carrière de Boulbon l'aridité qui lui convient. Soliste radical, Israel Galvan est cependant toujours très bien entouré.
On l'a vu souvent avec Diego Carrasco, autre iconoclaste de génie, le pianiste Diego Amador ou le chanteur Miguel Poveda. À Avignon, il sera accompagné par l'immense chanteuse de Lebrija, Inès Bacan, soeur du regretté guitariste, Pedro Bacan, une des grandes voix du flamenco. Mais, il y aura aussi un groupe de hard rock."
Pratique : jusqu'au 26 à la carrière de Boulbon.
Tel :04 90 14 14 14. "Israël Galvan, l'accent andalou" le formidable portrait que Maria Reggiani a consacré au danseur est rediffusé sur Arte, demain à 17h40.
Par Jacques Corot ( jcorot@laprovence-presse.fr )
07 juillet 2009
PIna Bausch nous a quittés...
27 juin 2009
Alors, je me suis remise à danser...
Chanceux
celui qui part,
Déçu
celui qui reste,
Comme
à l'heure du caméléon.
Fatalité
qui court de n'avoir de cesse,
Et
rend avisés les plus perplexes.
Les
étoiles, me semble-t-il
Ne
sont que des échancrures
D'hommes dans l'éternité.
http://www.youtube.com/watch?v=uG5NhkxQJQc
http://www.youtube.com/watch?v=Uqxo1SKB0z8
http://www.deezer.com/track/542291
http://intimedia.kaywa.com/musique/dear-mj.html
28 mai 2009
Ecrivain de l'ombre devient Escritor en la sombra
Ecrivain de L'ombre d'Orlando de Rudder paru chez Pierre Mainard éditeur dans la collection Délirien dirigée par Christophe Massé vient d'être édité en espagnol par la maison d'éditions Trama Editorial à Madrid.
La couverture du livre Escritor en la Sombra d'Orlando de Rudder
24 mai 2009
Anne Calmels sous La tente chez Christophe Massé
Christophe Massé
présente
Sous La Tente
Anne Calmels
Peintures
Anne Calmels lira à 19 heures exactement, des extraits d'oeuvres de l'auteur majorquin José Luis de Juan dont elle a traduit plusieurs ouvrages: / L'apiculteur de Bonaparte / et / Les Souffles du monde /(éd.Viviane Hamy) ainsi que des poèmes inédits.
le jeudi 28 mai 2009
de 14h à 21h (lecture à 19h)
28 rue Bouquière 33000 Bordeaux (France)
Je n'ai vu qu'une seule fois Anne Calmels. Elle a ce jour là, dans une librairie parisienne, vêtue d'un kimono, lu des extraits de Tatami Pop le journal japonais de Nadia Porcar. Plus tard pour prendre nos pouls, nous nous sommes envoyés des petits e-mails. Et un jour j'ai su qu'elle pratiquait le judo, qu'elle peignait, qu'elle traduisait des ouvrages. Nous avons opté pour nous rencontrer sur le terrain de la peinture et de la littérature. La présentation d'une seule de ses peintures, peut-être d'autres, Sous La Tente va faire partie de l'aspect que je souhaite développer: le fruit de la rencontre fortuite vers des champs inconnus. Le terrain vague dans lequel il faut planter le décor et s'éloigner. Elle vient par là comme une évidence dans les moments de la vie ou nous devons nous retrouver pour dire là qui et ce que nous sommes. Et le corps dans la peinture est fait pour le dire ou le montrer. Comme Anne-Gaëlle Ponche, Anne Calmels ne pratique pas la peinture en premier. Elle fait d'autres choses, dirige une collection littéraire de polar chez Philippe Picquier, traduit de l'espagnol des ouvrages, travaille dans l'édition et réalise des livres pour la jeunesse. Elle écrit et se passionne. Elle nous proposera des extraits de L'apiculteur de Bonaparte un roman de José Luis de Juan°, merveille d'intelligence, dont elle a réalisé la traduction (éditions Viviane Hamy) et de ce brillant auteur majorquin, venu en résidence à Bordeaux en 2003, elle lira aussi des poèmes inédits. Une rencontre à plusieurs têtes pour plusieurs chants.
°José Luis de Juan est né en 1956 à Palma de Majorque. Plusieurs de ses ouvrages sont disponibles en Français, on citera Les Souffles du temps (éditions Viviane Hamy), Se souvenir de Lampe (Seuil)
--Christophe Massé
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26 novembre 2008
Pollock et le chamanisme
A la Pinacothèque de Paris : Jackson Pollock et le chamanisme
De Jackson Pollock (1912-1956), on retient d'abord et surtout les célèbres drippings : peintures monumentales obtenues par projections ou jets répétés de couleurs sur la toile posée à même le sol. On a vu le peintre travailler en plein air, tournant autour de sa toile dans une manière de rite. Les toiles de sa période abstraite répondent à cette même énergie à l'oeuvre dans ses toiles figuratives. Dans les dripping, la puissance procède de cet enchevêtrement de lignes et de points. L’attrait de l’Américain pour les arts premiers, en particulier pour les arts amérindiens et le chamanisme dans sa conception singulière du monde ne fut pas un secret. De même que Mondrian s’intéressa à la théosophie, en réactions aux horreurs de la Première Guerre mondiale, Pollock tente de s'initier au chamanisme pendant cette période troublée des années trente et quarante.
L'exposition se décompose en séquences mettant en évidence les étapes et la progression de son cheminement intérieur au contact de cette nouvelle symbolique : Pollock et le chamanisme, Pollock et le primitivisme, les surréalistes (Miro et Masson), Pollock et la renaissance de l’homme, la chaleur mystique, l’homme et l’animal, l’homme et la femme, les pictogrammes, l’abstraction .
Ainsi découvre-t-on une quarantaine d'oeuvres de Pollock : La Pinacothèque confronte 30 tableaux et une dizaine de dessins de Pollock avec de très beaux objets-masques, boites, couteaux, totems, statuettes- amérindiens et une dizaines de tableaux d'André Masson. André Masson parce que les surréalistes étaient proches de ses préoccupations.
L'exposition repose sur l'interprétation qu'a développée Stephen Polcari, historien de l'art et professeur à la Chapman University en Californie.
Pour Stephen Polcari, la compréhension des "drippings" est encore incomplète. Il pense qu'ils sont "l'expression d'un acte de transformation", une "forme visuelle à la métamorphose psychique chamanique".
Les thèmes directement liés au chamanisme sont : le sacrifice, la fusion homme animal, la fusion homme femme, la renaissance et l'extase. A côté d'un mât totémique de Colombie britannique, on peut voir Birth, une toile majeure de Polock où un tourbillon de formes créent l'illusion d'un totem et évoquent le processus de transformation spirituelle à l'oeuvre dans le chamanisme.
Seuls trois "drippings", de petite taille, sont exposés. Pour Stephen Polcari, ils sont l'émanation d'une extase vitale, de l'art de se transformer, dans la suite logique de son oeuvre antérieure.
09 novembre 2008
PIcasso et les maîtres
Une vidéo sur l'exposition Picasso et les maîtres
Interview de Marie-Laure Bernadac
Jusqu'au 02 février 2009
« Il n'y a pas de passé ni d'avenir en art », cette phrase ressemble à son auteur: Picasso.
On sait l'immense énergie qui détermine le travail de cet artiste
insatiable, cette immense énergie à renouveler les genres, à enjamber
les dogmes esthétiques sans jamais céder à la tentation de s'enfermer
comme bon nombre de ses contemporains dans un courant ou un mouvement.
Picasso n'était pas homme de manifestes. L'exposition exceptionnelle que lui consacre le Grand Palais en aréopage avec le musée du Louvre ainsi que le musée Picasso nous montre un artiste profondément marqué par les grands maîtres de la peinture. Toute la peinture de Picasso s'inscrit dans le dialogue ininterrompu qu'il a entretenu avec ceux-là mêmes qui ont fait "l'histoire de l'art". Rapport anthropophage, ou iconophage qui jamais ne se réduit au plagiat ou au pastiche, soit à la simple copie. Chacun des chefs-d'œuvres que Picasso entreprend de réinterpréter s'autorise alors d'une syntaxe nouvelle (sous-tendue par une force érotique qui s'exprime notamment dans Les femmes d'Alger et bien d'autres œuvres) pas toujours bien comprise dans les dernières années de sa vie.

On était habitués aux expositions comparatives, mais pas d'une telle envergure... Notre œil travaille ici à regarder les toiles du maître espagnol en présence de leurs modèles venus des quatre coins du monde, protégés par un super coffrage, puis placés dans un "sas thermique". La préparation de cette exposition relève de l'exploit.
Après être parvenu au sommet de son art, Picasso se retire dans le Sud. Non que cela correspondit à un besoin de solitude, ce qui présidait était de mettre de la distance entre lui et la célébrité, toujours dangereuse. A partir des années cinquante, il entame des séries de conversations avec les maîtres anciens auxquels il donne la "réplique". Qui dit réplique dit une sorte de repli, une manière de redoublement, de répéter et de "se retirer" dans l'usage réflexif du verbe espagnol. Et il ne s'agit pas tant de se réfugier ou de s'enfermer dans le passé, même s'il y a un peu de cela dans " se replier vers le passé, l'histoire ", mais surtout de se retirer en soi pour mieux répondre devant l'Histoire. Défilent alors le Titien, Rembrandt, Poussin, David, Ingres, Delacroix, Manet, Goya, Gauguin, Van Gogh et bien sûr Vélasquez. Cela est sûr : Picasso a su ménager une parenthèse à l'intérieur du temps, une conversation avec l'histoire.
Exposition Picasso et les maîtres, du 9 octobre 2008 au 2 février 2009, Galeries nationales du Grand Palais, Musée du Louvre, Musée d'Orsay.
10 octobre 2008
De la gravure, un atelier conduit par Philippe Kaïkdjian
Bachelard disait que toute gravure était un rêverie de la volonté, non pas la volonté elle-même mais cet impénétrable mystère de la raison à l'oeuvre. Si la gravure ne désire jamais s'installer dans aucun gîte c'est parce qu'elle n'ignore jamais ce par quoi elle doit passer : ce chemin ardu et parfois hostile que commande le burin. D'où cette volonté exemplaire pour décider du trait et de son accomplissement confondus. Ainsi Bachelard parle-t-il du trait gravé comme "du premier mouvement [...]", la gravure, en rêvant la volonté, ne rêve pas autre chose que le commencement, le commencement d'agir. Avis aux volontaires.

Edouard Manet, Olympia

