Je glisse sur le marche-pied du monde. Je tente d'entendre plus loin que ce qui se présente, plus loin que les seules apparences qui opèrent par le bouche-trou du réel. Je me protège des images qui nous mordent la peau. De ces images cannibales qui se nourrissent du sang de l'Autre. Des heures, j’observe se mouvoir ce mouvoir. Cette agitation des peuples. Ce qui est inouï ne peut être vu. Pourtant l'inouï se produit ici et là sans que cela ne nous soit vraiment offert ou confié. Il faut demander à l'archer aux yeux bandés ce qu'il attrape par la pointe de ses flêches. C'est de cet ordre-là : tirer l'existence hors la confusion d'exister. Je me demande si cela est posssible. Je me demande.