Dans les profondeurs de l'insomnie se lèvent des torches mentales. Parole ensanglantée qui mime ce malheur qui n'a pas de nom. La rêverie obéit à ce mouvement qui la porte toujours à extraire du non. C'est-à-dire de l'étouffement, de la suffocation, de l'étranglement à dire ce qui ce qui se jouait l'instinct d'avant. Tu dis m'aimer beaucoup, j'entends pas assez comme une échancrure au coeur des sentiments. J'ai traversé cette ligne de faille, la tête ensanglantée à ne plus savoir à quel saint se vouer. J'ai emprunté le chemin frugal qui vise aussi à appeler l'espace d'un futur dont je ne connais rien. Seulement son risque et sa possibilité intermittentes. Rien ne peut faire objet qu'à se nier ou à se détruire à cet endroit là. Je dois surmonter cette parole qui me défait dans l'attente somptueuse et non consentie d'une rencontre du troisième type. Je dois faire face à cette multitude de blouses blanches qui se pencheront sur l'énigmatique. Seule à répondre à des questions qui pèseront sur ma mémoire ébranlée. Scène grotesque et sublime. Je promènerai des mots faillibles aussi faillibles que ceux que tu n'oses prononcer à l'extraction de toute parole déconvenue.