30 juillet 2009
Entretien Pascal Quignard et Sylvain Bourneau
Pascal Quignard s'entretient avec Sylvain Bourmeau à l'occasion de la parution de son livre La Barque silencieuse (Le Seuil), 2009, à écouter ici : http://www.dailymotion.com/video/k4t9wbK lxqa2pL17s7F
Merce Cunnigham à la rencontre du hasard
Merce Cunningham, dans la lignée de Martha Graham, vient de nous quitter à l'âge de 90 ans. S'il n'y a de jeu que temporel et de figure que spatiale, la danse, définie comme «jeu des figures», ne peut être qu'«articulation de l'espace et du temps», entrecroisement de la plastique («art des figures dans l'espace») et de la musique («art du jeu des sensations dans le temps»). Cunningham fut le premier à avoir compté avec le hasard, à nous mettre en face de la question du "désoeuvrement chorégraphique" au sens où en parle Frédéric Pouillade, pour dire la fragilité ou "la puissance de l'impouvoir" de chaque création. Le vers Mallarméen, "un coup de dés jamais n'abolira le hasard", trouve chez Cunningham un écho dansant. Ainsi expliquait-il son parti pris théorique : «Plutôt que de tâtonner en assemblant les choses et de s'estimer au final insatisfait, il vaut mieux s'en remettre au hasard. En plus, c'est un moyen de faire apparaître des combinaisons auxquelles on n'aurait pas pensé. En fait, je crois que le hasard rend les idées plus claires et ouvre l'imagination». Nombreuses de ses créations métaphorisent des parties de dés par cette manière si particulière et qui lui était propre de conduire les phrases de danse, de faire entrer ses danseurs en scène, d'introduire la musique séquentielle. Sa collaboration avec John Cage l'a conduit à user de procédés aléatoires donnant lieu à de nouvelles combinaisons et coordinations de mouvements, avec ce souci constant de vouloir s'affranchir de tout : de la musique, de la psychologie et de tout espace par avance déterminé. Peut-on parler de work in progress en danse? Si oui, alors c'est du côté de Merce Cunningham qu'il faut regarder.
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