Porte sur le toit

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29 janvier 2009

HIstoire d'ombre part.I

Sans la lumière, les ombres ne parleraient pas. Mais la lumière n'est pas donnée, et dans l'écrit l'homme sans doute sera-t-il encore pour longtemps en tâche et en charge d'attiser la grisaille de ses mots si, croyant les user il persévère à leur donner un éclat nouveau. C'est précisément du côté de cette grisaille qu'il faut porter ses efforts ; on le sait le chemin n'est pas fait de la seule allégresse, mais on peut au mieux espérer que sur le terrain de la pesanteur que l'on parcourt en tâtonnant, là alors peut-être nous pourrons déterrer le grain d'une neuve innocence. L’allégorie de la caverne nous est communément présentée pour expliquer une théorie de la connaissance. Cependant cette histoire se situe dans la République, le feu a été allumé pour déformer la lecture des choses, et dénoncer le jeu malhonnête des sophistes. L'allégorie de la caverne reprend un contenu archaïque qu’est cette croyance dans la malfaisance des ombres. De leur supposée fausseté, la culture occidentale a développé une méfiance pour ces ombres menaçantes sensées nous égarer de la lumière du soleil. Cette croyance primitive nous renvoie à une communauté de destin entre le corps et son ombre pour justifier la projection dans l’au-delà. L'ombre des morts prolonge celle des vivants... Le reflet est l’image fidèle de la représentation. Il est ce qu’on voit. Le reflet nous ressemble, l’ombre ne dessine que le contour de notre corps. L’ombre est un plein inconsistant et non un vide dense, le reflet est fidèle à l’image qu’il renvoie : il est la réplique du réel. L’ombre est plus indépendante, qui nous suit derrière, inquiétante ; on ne commande pas à son ombre, à son contour. Dans un dicton dont je ne saurai dire l’origine, il est dit que l’on ne doit pas laisser traîner son ombre n’importe où. Chez Dante, L’ombre nous survit dans l’au-delà :  elle est ce qui garde le souvenir du corps.  Comprenons : la mort secrète l'ombre du corps. Dans l'ancienne Egypte, on se rappelle que l'ombre est protectrice, que la lumière relève du divin et que cette lumière est tellement aiguë qu’on se brûlerait les yeux : Dieu se voile pour se manifester, couvert par son ombre : protégé et protecteur? Le désir qui n’étreint que de l’ombre, me fait penser à la tragique expérience d’Ulysse qui descend aux enfers pensant y retrouver sa mère, il n'y rencontre que son ombre. Cette rencontre avec l'ombre est vécue comme effroyable. Il faut donc remonter au moins à Homère pour  que l'ombre se charge de négativité.

 

Posté par inulation à 22:08 - Cogitationes - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 janvier 2009

De l'autre côté...

De l'autre côté l'amour comme débris de miroirs
sur le sol de la chambre comme une poussière de rire d'enfants
plus loin quelques oiseaux se cognent contre les vitres
mais de l'autre côté c'est déjà la nuit dans les regards
on voudrait s'asseoir et réfléchir un peu
le temps de ramasser des débris de pensées

de l'autre côté les regards se cognent contre la peur de l'autre

il n'y a pas d'autre côté seulement des regards en débris dans lesquels l'on voudrait s'asseoir

Posté par inulation à 17:36 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 janvier 2009

Mots pour maux

L'indignation et la souffrance ont remplacé la peur
enfermés dans ce qui ne tient plus lieu d'espace
qu'est-ce que cela peut encore vouloir dire:
"j'habite un non lieu. J'habite sur un sol qui est le contraire d'un lieu"
Depuis qu'on leur a volé toute possibilité de devenir
de conduire leur histoire, leur vie est en suspens,
suspendue à l'incompréhensible arbitraire.
Quelle âme assez légère peut-elle encore porter un espoir soudain trop lourd?

Posté par inulation à 01:17 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 janvier 2009

Voeux

Je souhaite aux blogs amis ainsi qu'à tous ceux qui ont pris le temps de s'arrêter sur le toit tous mes voeux pour cette nouvelle année. Difficile dans un contexte aussi sombre et déprimé de ne pas en appeler à une forme de résistance et d'engagement pour que ce qui nous tient, nous fait tenir ne soit pas menacé : ce qui est noble, le savoir, les arts, la culture.

Posté par inulation à 22:08 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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